Original PDF Flash format module-sur-les-meilleures-pratiques-en-matière-de-surveillance-de--...  


Module Sur Les Meilleures Pratiques En Matière De Surveillance De ...

Fr-TP-705 11/2/03 8:16 am Page 1
WHO/V&B/01.43
ORIGINAL : ANGLAIS
DISTR. : GENERALE
Module sur les meilleures pratiques en
matière de surveillance de la rougeole
Dr Dalya Guris, MPH/National Immunization Program
Centers for Disease Control and Prevention, États-Unis d’Amérique
Vaccins et Produits Biologiques
Organisation mondiale de la Santé
OMS

Le Département Vaccins et produits biologiques
remercie les donateurs dont l’appui financier à but non spécifié
a rendu possible l’élaboration du présent document.
Le présent document a été élaboré par
l’équipe Evaluation et surveillance des vaccins
du Département Vaccins et produits biologiques
Numéro de référence pour les commandes :
WHO/V&B/01.43
Imprimé en février 2003
(Version anglaise imprimée en mars 2002)
Ce document est disponible sur Internet :
www.who.int/vaccines-documents/
Pour commander des exemplaires, s’adresser à :
Organisation mondiale de la Santé
Département Vaccins et produits biologiques
CH-1211 Genève 27 (Suisse)
• Télécopie : +41 22 791 4227
• Adresse électronique : vaccines@who.int
© Organisation mondiale de la Santé 2003
Tous droits réservés. Il est possible de se procurer les publications de l’Organisation mondiale de la Santé
auprès de l’équipe Marketing et diffusion, Organisation mondiale de la Santé, 20 avenue Appia,
1211 Genève 27 (Suisse) (téléphone : +41 22 791 2476 ; télécopie : +41 22 791 4857 ; adresse électronique :
bookorders@who.int). Les demandes relatives à la permission de reproduire ou de traduire des publica-
tions de l’OMS – que ce soit pour la vente ou une diffusion non commerciale – doivent être envoyées à
l’unité Publications, à l’adresse ci-dessus (télécopie : +41 22 791 4806 ; adresse électronique :
permissions@who.int).
Les appellations employées dans la présente publication et la présentation des données qui y figurent
n’impliquent de la part de l’Organisation mondiale de la Santé aucune prise de position quant au statut
juridique des pays, territoires, villes ou zones, ou de leurs autorités, ni quant au tracé de leurs frontières
ou limites. Les lignes en pointillé sur les cartes représentent des frontières approximatives dont le tracé
peut ne pas avoir fait l’objet d’un accord définitif.
La mention de firmes et de produits commerciaux ne signifie pas que ces firmes et ces produits commerciaux
sont agréés ou recommandés par l’Organisation mondiale de la Santé, de préférence à d’autres de nature
analogue. Sauf erreur ou omission, une majuscule initiale indique qu’il s’agit d’un nom déposé.
L’Organisation mondiale de la Santé ne garantit pas l’exhaustivité et l’exactitude des informations contenues
dans la présente publication et ne saurait être tenue responsable de tout préjudice subi à la suite de leur
utilisation.
i i

Table des matières
Glossary ............................................................................................................................. v
Introduction .................................................................................................................... 1
L’agent pathogène, la maladie et le vaccin ................................................................ 2
Réduction mondiale de la mortalité par rougeole et
élimination régionale : buts et stratégies ................................................................... 4

Objectifs de la surveillance de la rougeole ................................................................. 5
Objectifs de la surveillance ...................................................................................... 5
La surveillance et ses objectifs doivent évoluer en fonction
du stade de la lutte antirougeoleuse. ...................................................................... 5
Surveillance de l’accumulation des sujets sensibles .............................................. 6
Mise en œuvre de la surveillance ................................................................................. 8
Dépistage et notification .......................................................................................... 9
Collecte, regroupement et interprétation des données ...................................... 12
Analyse et confirmation des cas et des flambées ................................................ 13
Analyse, établissement des rapports normaux et interprétation
des données .............................................................................................................. 14
Transmission des données aux niveaux centraux ............................................... 18
Rétro-information vers la périphérie ................................................................... 18
Renforcement de la surveillance dans les pays où l’incidence
est faible ou qui en sont au stade de l’élimination ............................................... 19
Surveillance de la taille et de la durée des flambées afin de
déterminer l’état d’avancement vers l’élimination .............................................. 21
Surveillance et diagnostic de la rubéole ............................................................... 24
Logistique de la surveillance ....................................................................................... 25
Reseau de laboratoires ................................................................................................ 26
Evaluation du système de surveillance ..................................................................... 27
Indicateurs de performance au stade de la lutte pour les pays
où la rougeole est endémique ................................................................................ 27
Références bibliographiques et lectures recommandées ...................................... 28
iii

Annexe 1 : Formulaire de notification pour la surveillance
systématique de la rougeole dans les pays où cette
maladie est endémique ......................................................................... 30

Annexe 2a : Recueil, conservation et expédition des échantillons pour
le diagnostic de la rougeole et l’investigation des flambées .......... 31
Annexe 2b : Formulaire de demande d’analyse et de résultats .......................... 38
Annexe 3a : Nombre de cas et de décès dus à la rougeole signalés
chaque mois ............................................................................................ 39
Annexe 3b : Carte de répartition géographique des cas de rougeole ............... 40
Annexe 3c : Nombre de cas de variole par tranche d’âge et en fonction
de l’état vaccinal .................................................................................... 41
Annexe 3d : Nombre de décès dus à la rougeole par tranche d’âge et
en fonction de l’état vaccinal .............................................................. 42
Annexe 4a : Nombre de cas de rougeole par année .............................................. 43
Annexe 4b : Nombre de décès dus à la rougeole par année ................................ 44
Annexe 4c : Proportion des cas de rougeole par tranche d’âge et
par année ................................................................................................ 45
Annexe 4d : Proportion des cas de rougeole en fonction de l’état
vaccinal et par année ........................................................................... 46
Annexe 4e : Proportion des cas de rougeole par issue et par année ................. 47
Annexe 5 : Taux d’incidence par district .............................................................. 48
Annexe 6 : Taux d’atteinte rougeoleuse par âge ................................................. 49
Annexe 7 : Formulaire de notification « zéro cas » hebdomadaire
pour les pays qui visent l’élimination de la rougeole ..................... 50
Annexe 8 : Formulaire d’investigation de cas pour les pays
qui visent l’élimination de la rougeole .............................................. 51
Annexe 9 : Formulaire d’investigation des cas suspects de rougeole
dans les ménages ou sur les lieux de travail .................................... 53
i v

Glossaire
Lutte antirougeoleuse : réduction de la morbidité et de la mortalité par rougeole,
conformément aux cibles fixées ; des interventions continues sont nécessaires pour
que cette réduction se maintienne.
Elimination de la rougeole : dans une vaste zone géographique, la situation dans
laquelle il ne peut y avoir transmission endémique de la rougeole, ni transmission
durable à la suite d’un cas importé ; des interventions continues sont nécessaires.
Eradication de la rougeole : interruption de la transmission de la rougeole partout
dans le monde à la suite d’efforts délibérés; les méthodes d’intervention ne sont plus
nécessaires. L’éradication représente la somme des efforts consentis dans tous les
pays pour éliminer la rougeole.
Flambée : le nombre de cas observés est supérieur au nombre normalement attendu
dans une zone géographique donnée pendant la même période. La définition d’une
« flambée » varie selon le pays et le stade de la lutte contre la maladie.
Etablissement de soins : site de notification potentiel, par exemple hôpital,
dispensaire privé où travaille un seul agent de santé, pharmacie ou dispensaire de
santé publique assurant des fonctions préventives et curatives. Dans les établissements
de soins qui dispensent des services préventifs, les tâches peuvent comprendre des
activités de surveillance telle qu’investigation, analyse et intervention, en plus du
dépistage et de la notification.
v


Introduction
La rougeole est une maladie très contagieuse qui provoque des décès dans les pays
en développement comme dans les pays industrialisés. On estime à environ
30 millions le nombre de personnes qui ont contracté la rougeole en 1998 ; 875 000
d’entre elles sont mortes. Le vaccin antirougeoleux confère une immunité de longue
durée contre la maladie. Les stratégies de vaccination, lorsqu’elles sont bien choisies
et convenablement appliquées, contribuent non seulement à réduire la mortalité et la
morbidité mais aussi à interrompre la transmission du virus rougeoleux autochtone.
Le Plan stratégique 2001–2005 pour la réduction de la mortalité et l’élimination
régionale de la rougeole
, établi par l’OMS et l’UNICEF, insiste sur quatre stratégies
pour réduire la mortalité par rougeole :
·
administrer la première dose de vaccin antirougeoleux aux cohortes successives
de nourrissons ;
·
faire en sorte que tous les enfants aient une seconde possibilité de se faire
vacciner contre la rougeole ;
·
renforcer la surveillance de la rougeole en intégrant les données
épidémiologiques et les résultats de laboratoire ;
·
améliorer la prise en charge de tous les cas de rougeole.
Le présent document a pour but de donner des indications aux agents de santé publique
à tous les niveaux sur les meilleures pratiques en matière de surveillance de la rougeole.
WHO/V&B/01.43
1

L’agent pathogène,
la maladie et le vaccin
L’agent pathogène
La rougeole est une maladie aiguë provoquée par un virus du genre Morbillivirus,
de la famille des paramyxovirus.
Transmission
La rougeole est l’une des maladies les plus contagieuses qui soit. Le virus peut être
transmis par l’air, par projection de gouttelettes ou par contact direct avec les
sécrétions du nez et de la gorge des sujets infectés. On considère que la période
contagieuse débute deux à quatre jours avant le début de l’éruption et prend fin
quatre jours après.
Caractéristiques cliniques
Après une période d’incubation qui dure généralement entre 10 et 12 jours mais peut
aller de 7 à 18 jours, il apparaît des symptômes prodromiques de fièvre, de malaise,
de toux, de rhinite (nez qui coule) et de conjonctivite (rougeur de l’œil) chez des
sujets non immunisés qui ont été exposés au virus. Des taches de Koplik peuvent
apparaître sur la muqueuse buccale peu avant le début de l’éruption où bien un à
trois jours après. Mais l’absence de taches de Koplik ne veut pas dire qu’il ne s’agit
pas d’un cas de rougeole. Dans les deux à quatre jours qui suivent l’apparition des
symptômes prodromiques, il se manifeste derrière les oreilles et sur le visage une
éruption caractérisée par de grandes taches rouges (éruption maculo-papuleuse).
A ce stade, la fièvre est très élevée et peut atteindre 40,6° C. L’éruption se propage
au tronc et aux extrémités et dure généralement 3 à 7 jours ; elle peut être suivie
d’une desquamation fine. Une toux improductive est présente pendant toute la période
fébrile et dure une à deux semaines lorsqu’il n’y a pas de complications.
Parmi les complications de la rougeole figurent otite moyenne, pneumonie, diarrhée,
cécité et encéphalite. Dans les pays développés, le taux de létalité par rougeole est
généralement faible et se situe entre 0,1 et 1,0 pour 1000 cas. Dans les pays en
développement, on estime que le taux de létalité global se situe entre 3 % et 6 %.
C’est parmi les nourrissons de moins de 12 mois que ce taux est le plus élevé puisqu’il
se situe entre 20 et 30 %. La malnutrition et l’infection par le virus de
l’immunodéficience humaine sont des facteurs de risque pour les complications et la
mortalité.
2
Module sur les meilleures pratiques en matière de surveillance de la rougeole

Immunité
L’infection naturelle confère une immunité pour toute la vie. On a constaté que les
sujets asymptomatiques présentant des anticorps IgM n’étaient pas contagieux.
Vaccin antirougeoleux
On utilise de nombreux vaccins viraux vivants de plus en plus atténués, issus pour la
plupart de la souche Edmonston. Des anticorps antirougeoleux apparaissent
chez environ 85 % des enfants vaccinés à l’âge de 9 mois, 95 % des enfants vaccinés
à l’âge de 12 mois et 98 % de ceux qui ont été vaccinés à l’âge de 15 mois.
Compte tenu de l’âge au moment de l’infection et du taux de létalité,
l’OMS recommande que la vaccination soit pratiquée chez les enfants à 9 mois dans
les pays qui en sont au stade de réduction de la mortalité. Le vaccin antirougeoleux
confère presque toujours une immunité pour toute la vie. Une forte proportion des
sujets vaccinés qui ne présentent pas d’anticorps décelables réagissent à
l’administration d’une deuxième dose.
WHO/V&B/01.43
3

Réduction mondiale de la
mortalité par rougeole et
élimination régionale :
buts et stratégies
En 1989, l’Assemblée mondiale de la Santé fixait un but précis pour la lutte
antirougeoleuse : « réduction avant 1995 de 90 % des cas de rougeole par rapport
aux niveaux enregistrés avant la vaccination ». En 1990, les participants au Sommet
mondial pour les enfants ont approuvé le but suivant : réduction avant 1995 de 95 %
des décès par rougeole et réduction de 90 % des cas de rougeole par rapport aux
niveaux d’avant la vaccination, en tant qu’étape essentielle vers l’éradication mondiale
de la rougeole à plus long terme. Ils ont également fixé la cible de 90 % de couverture
par le vaccin antirougeoleux et d’autres vaccins utilisés par le Programme élargi de
vaccination avant 2000. D’autre part, des cibles concernant l’élimination régionale
de la rougeole ont été fixées dans la Région des Amériques, la Région européenne et
la Région de la Méditerranée orientale avec comme dates butoir 2000, 2007 et 2010,
respectivement.
Le plan stratégique mondial pour 2001–2005, qui vise à réduire la mortalité par
rougeole partout dans le monde, a pour but :
·
de réduire de moitié le nombre annuel de décès d’ici 2005 par rapport aux
estimations de 1999 ;
·
d’arriver à interrompre durablement la transmission autochtone de la rougeole
dans les vastes zones géographiques pour lesquelles des objectifs d’élimination
ont été fixés (notamment l’élimination de la rougeole dans la Région des
Amériques d’ici 2000 et des progrès vers l’élimination de cette maladie
d’ici 2007 dans la Région européenne et d’ici 2010 dans la Région de la
Méditerranée orientale).
·
d’organiser une consultation mondiale en 2005, en collaboration avec les autres
partenaires principaux, afin d’examiner les progrès réalisés et d’évaluer la
faisabilité de l’éradication mondiale de la rougeole.
·
Comme on l’a vu dans l’introduction, quatre stratégies sont préconisées pour
réduire la mortalité par rougeole et parvenir à éliminer la maladie :
·
administrer la première dose de vaccin antirougeoleux aux cohortes successives
de nourrissons ;
·
faire en sorte que tous les enfants aient une seconde possibilité de se faire
vacciner contre la rougeole ;
·
renforcer la surveillance de la rougeole en intégrant les données
épidémiologiques et les résultats de laboratoire ;
·
améliorer la prise en charge de tous les cas de rougeole.
En outre, pour réduire la mortalité infantile d’une façon générale, il faudrait assurer
une supplémentation en vitamine A par le truchement des services de vaccination.
4
Module sur les meilleures pratiques en matière de surveillance de la rougeole

Objectifs de la surveillance
de la rougeole
Objectifs de la surveillance
La surveillance consiste à recueillir, analyser et interpréter de façon systématique et
continue des données précises sur les résultats aux fins de la planification, de la mise
en œuvre et de l’évaluation de l’action de santé publique. La surveillance de la maladie,
élément essentiel de la lutte antirougeoleuse et des efforts d’élimination de la maladie,
sert à évaluer les progrès réalisés et à ajuster les programmes en fonction des besoins.
Les données de la surveillance sont indispensables pour :
·
décrire les caractéristiques des cas de rougeole afin de savoir pourquoi la maladie
survient et de mettre au point des mesures de lutte appropriées ;
·
prévoir les risques de flambée et appliquer des stratégies de vaccination pour
les éviter ;
·
suivre les progrès réalisés dans la lutte contre la maladie et son élimination ;
·
apporter la preuve que, dans les pays où l’incidence de la rougeole est faible,
l’absence de cas notifiés est due à l’absence de maladie et non pas à des carences
du dépistage et de la notification.
La surveillance et ses objectifs doivent évoluer en fonction du stade de la
lutte antirougeoleuse.

Les données sont utilisées comme suit pour la prise des décisions :
Au stade de la réduction de la mortalité :
·
pour suivre l’incidence et la couverture afin d’apprécier les progrès réalisés
(à savoir, recul de l’incidence et augmentation de la couverture) ;
·
pour repérer les zones à haut risque ou celles où le programme laisse à désirer ;
·
pour décrire l’évolution épidémiologique de la rougeole en termes d’âge,
d’état vaccinal et d’intervalles entre les épidémies.
Au stade de faible incidence ou au stade de l’élimination :
·
pour repérer les groupes à haut risque ;
·
pour savoir quand la prochaine flambée se produira en raison de l’accumulation
des sujets sensibles, et pour accélérer les activités au préalable ;
WHO/V&B/01.43
5

·
pour déterminer si le virus de la rougeole circule ou pourrait circuler
(c’est-à-dire pour connaître les zones à haut risque) ;
·
pour évaluer la capacité du système de surveillance (par exemple, temps de
réaction pour la notification, collecte des prélèvements) à détecter la circulation
du virus ou le risque d’importation ;
·
pour repérer, à l’aide d’indicateurs de performance, les zones où il faut renforcer
la surveillance.
Aux deux stades :
·
pour repérer et analyser les flambées afin d’assurer une bonne prise en charge
des cas et de déterminer pourquoi les flambées se sont produites (par exemple,
impossibilité de vacciner les enfants, échec du vaccin ou accumulation de sujets
sensibles).
En général, la surveillance est à la traîne par rapport aux activités de vaccination
dans la plupart des programmes de lutte contre les maladies évitables par la vaccination.
De bonnes stratégies de vaccination permettent de réduire rapidement l’incidence de
la maladie alors que la mise sur pied d’un système de surveillance prend du temps et
qu’il est difficile de faire évoluer les pratiques en matière de surveillance.
C’est pourquoi les pays doivent mettre au point et appliquer des stratégies de lutte
antirougeoleuse à long terme prévoyant un système de surveillance qui puisse réagir
à l’évolution de l’incidence de la maladie.
Pour pouvoir améliorer les systèmes de vaccination visant à endiguer et éliminer la
rougeole, il est d’autre part essentiel de surveiller la chaîne du froid et la sécurité de
la vaccination, notamment la sécurité des injections et les manifestations
postvaccinales indésirables. Le présent document ne porte toutefois que sur la
surveillance de la maladie.
Surveillance de l’accumulation des sujets sensibles
Le but d’un programme de vaccination est de réduire le nombre de sujets sensibles et
de veiller à ce que les faibles niveaux de sensibilité se maintiennent par la suite.
Le profil de sensibilité rend compte de la distribution de la sensibilité à la rougeole
dans un groupe de population. Il varie en fonction de l’âge et du sous-groupe
(par exemple, groupe ethnique ou groupe social). Avant de lancer un nouveau
programme de vaccination, il faut déterminer le profil de sensibilité par âge.
En particulier, les campagnes de vaccination ne pourront être bien ciblées que si l’on
connaît la distribution des sujets sensibles dans la population.
Trois méthodes permettent d’évaluer le profil de sensibilité d’une population et,
pour les deux dernières, il est important de disposer de données provenant de la
surveillance :
·
Enquêtes sérologiques. Le moyen le plus direct d’évaluer le profil de sensibilité
est de procéder à une enquête sérologique stratifiée par âge, en interprétant les
résultats pour considérer que les prélèvements où l’on n’a pas trouvé d’anticorps
IgG spécifiques de la rougeole correspondent à des sujets sensibles à la rougeole.
6
Module sur les meilleures pratiques en matière de surveillance de la rougeole

·
Autres méthodes utilisant les données sur la couverture vaccinale et sur
l’incidence.
Un système de soins qui ne dispose que de peu de ressources peut
se servir d’autres méthodes pour évaluer le profil de sensibilité. Ces méthodes
reposent sur les données relatives à la couverture par la vaccination
systématique et à la notification des cas. Dans les groupes peu exposés à
l’infection naturelle, on peut évaluer la proportion de sujets sensibles à partir
des données par âge sur l’état vaccinal (proportion de sujets n’ayant reçu aucune
dose, ayant reçu une dose seulement, et ayant reçu deux doses) et sur l’efficacité
de la vaccination.
·
Modèles mathématiques. Les modèles mathématiques simulent la transmission
rougeoleuse dans un groupe de population, simulations qui peuvent servir à
déterminer le profil de sensibilité.
On trouvera de plus amples renseignements dans le document de l’OMS « Measles
reduction and regional elimination. Principles for measles control and elimination »
(sous presse).
WHO/V&B/01.43
7

Mise en œuvre
de la surveillance
Les fonctions de la surveillance de la rougeole sont les suivantes :
·
Repérer et notifier les cas et les flambées ;
·
recueillir, regrouper et interpréter les données ;
·
étudier les cas et les flambées et les confirmer ;
·
analyser les données, établir des rapports systématiques et interpréter les
données ;
·
transmettre les données aux niveaux centraux ;
·
assurer une rétro-information à la périphérie.
Dans ces lignes directrices, la surveillance renforcée qui est nécessaire et recommandée
uniquement dans les pays se trouvant au stade de l’élimination est traitée séparément
à la fin de ce chapitre.
Figure 1 : Organigramme de la surveillance de la rougeole
Etablissement de soins
(collecte des prélèvements
dans certains services,
investigation et intervention)
Notification
Rétro-information
Rétro-information
Bureau sanitaire de district
(collecte des prélèvements,
investigation, analyse et
intervention)
Notification
Rétro-information
Bureau sanitaire d’Etat ou national
(investigation, analyse, intervention)
8
Module sur les meilleures pratiques en matière de surveillance de la rougeole

Les systèmes de surveillance de la rougeole doivent :
·
fournir l’information requise pour guider le système de vaccination ;
·
éviter de recueillir des renseignements inutiles ;
·
s’inscrire dans la durée ;
·
permettre de prendre les décisions et d’intervenir au niveau le plus périphérique ;
·
s’inscrire dans un système intégré de surveillance des maladies.
Dépistage et notification
Qui est chargé du dépistage et de la notification ?
Les établissements suivants peuvent se charger de la notification :
1.
Hôpitaux : services hospitaliers et services de consultations externes.
2.
Centres/services de santé/dispensaires.
Il est important que les médecins privés et les hôpitaux privés soient inclus dans le
système, car ils sont parfois les premiers à voir des cas suspects de rougeole.
A mesure que l’incidence de la rougeole recule, la communauté joue un rôle de
plus en plus important dans le dépistage et la notification des cas, parce que les
personnes touchées, peu nombreuses, n’iront peut-être pas se faire soigner. Les cas
peuvent être déclarés par des pharmaciens, des tradipraticiens, des chefs de village,
des enseignants, entre autres. Dans les pays où les tests de laboratoire sont courants,
les laboratoires peuvent être d’importants sites de notification.
Chaque établissement de santé devrait désigner une personne et un ou deux
remplaçants qui seront chargés de suivre les cas suspects de rougeole et de les notifier.
Les mécanismes de notification doivent être à la fois simples et efficaces, faute de
quoi les médecins, déjà très occupés, n’enverront pas de rapports.
A notifier ?
Les rapports doivent être adressés aux coordonnateurs de la surveillance au niveau
du district ou de la province. A leur tour, ces coordonnateurs doivent notifier
rapidement les agents chargés de la surveillance au niveau de l’Etat ou au niveau
national.
Que faut-il notifier ?
Il est recommandé d’utiliser à tous les niveaux une définition du cas de rougeole à la
fois sensible et spécifique de manière à normaliser les rapports et éviter soit
de sous-notifier, soit de signaler des cas de rougeole qui n’en sont pas.
L’OMS recommande les définitions cliniques et de laboratoire ci-après du cas de
rougeole.
WHO/V&B/01.43
9

Définition clinique de cas
Tout sujet chez lequel un médecin soupçonne une infection rougeoleuse ou
tout sujet atteint de fièvre et d’une éruption maculo-papuleuse (non vésiculaire) et
de toux, de rhinite (nez qui coule) ou de conjonctivite (rougeur de l’œil).
Critères de laboratoire pour le diagnostic
Présence d’IgM spécifiques de la rougeole.
Classification du cas :
Il est recommandé aux pays d’utiliser la classification clinique jusqu’à ce que leur
programme réponde aux deux critères suivants :
·
faibles taux d’incidence de la rougeole;
·
accès à un laboratoire compétent pour la rougeole.
La confirmation épidémiologique et en laboratoire sont les meilleurs critères pour
les pays où l’incidence est faible ou bien qui se trouvent au stade de l’élimination.
Classification clinique :
Cliniquement confirmé :
Un cas qui répond à la définition clinique.
Ecarté :
Un cas présumé qui ne répond pas à la définition
clinique.
Classification de laboratoire*
Confirmé en laboratoire :
Un cas qui répond à la définition clinique et est
confirmé en laboratoire.
Epidémiologiquement confirmé :
Un cas qui répond à la définition clinique et est
relié sur le plan épidémiologique à un cas
confirmé en laboratoire.
Cliniquement confirmé :
Un cas qui répond à la définition clinique et pour
lequel il n’a pas été fait de prélèvement de sang
adéquat.
Ecarté :
Un cas suspect qui ne répond pas à la définition
clinique ou à la définition de laboratoire.
*
La classification de laboratoire peut servir également pour les investigations des flambées.
10
Module sur les meilleures pratiques en matière de surveillance de la rougeole

Figure 2 : Classification de laboratoire des cas de rougeole
à l’aide du diagramme de laboratoire
Résultat négatif pour
Ecarté
Prélèvement de
les IgM
sang adéquat*
Résultat positif pour
Confirmé en
les IgM**
laboratoire
Cas suspect de
rougeole
Lien épidémiologique
avec un cas confirmé
Confirmé
en laboratoire
épidémiologiquement
Pas de prélèvement
de sang adéquat
Pas de lien épidémiologique
avec un cas confirmé en
Confirmé
laboratoire
cliniquement
*
Alors que les tests ELISA pour la recherche des IgM sont plus sensibles entre le quatrième et le
vingt huitième jour qui suivent le début de l’éruption, un seul prélèvement de sérum obtenu lors
du contact avec le système de soins dans les 28 jours qui suivent le début de l’éruption est
considéré comme suffisant pour la surveillance de la rougeole.
** Si le sujet a été vacciné dans les six semaines précédant le prélèvement de sérum, se reporter au
Manuel pour le diagnostic biologique de la rougeole, décembre 1999 (WHO/V&B/00.16). Si une
recherche active dans la population n’apporte pas de preuve de la transmission rougeoleuse et s’il
n’y a pas d’antécédents de déplacement dans des zones où l’on sait que le virus de la rougeole
circule, il faut alors écarter le cas.
Les données ci-après sont indispensables pour connaître l’origine des cas et déterminer
l’efficacité du système de vaccination :
·
date d’apparition des cas ;
·
lieu d’apparition des cas ;
·
âge et état vaccinal des patients.
Il est d’autre part utile de recueillir des informations sur l’état civil des patients.
Comment procéder à la notification ?
La notification de tous les cas risque de surcharger le système et n’est pas nécessaire
pour la prise des décisions dans les pays où la rougeole est endémique. Dans ces
pays, il est recommandé de signaler des données récapitulatives sur les cas décelés
pendant une période déterminée, par exemple un mois. On trouvera à l’annexe 1 un
modèle de formulaire de notification pour les pays où la rougeole est endémique.
Ces formulaires doivent être disponibles sur les sites de notification. Les rapports
peuvent être transmis par courrier, par télécopie, par messagerie express ou par
courrier électronique.
Dans les pays où la rougeole est endémique ou dans ceux qui visent l’élimination de
la maladie, il est recommandé d’intégrer la surveillance de la rougeole dans un système
plus vaste de surveillance des maladies.
WHO/V&B/01.43
11

Quand procéder à la notification ?
Il est recommandé de notifier les cas chaque mois là où la rougeole est endémique.
Mais, s’il y a une augmentation soudaine du nombre de cas décelés, il faut le signaler
immédiatement aux autorités sanitaires centrales.
Si des rapports mensuels sont communiqués dans le cadre d’un système intégré de
surveillance des maladies, il faut aussi indiquer “zéro cas de rougeole” sur les
formulaires utilisés à cette fin.
Collecte, regroupement et interprétation des données
Au niveau du district, le personnel doit regrouper et évaluer chaque mois les données
recueillies sur tous les sites de notification. On peut également se servir du formulaire
de déclaration prévu pour les établissements de santé (annexe 1) pour regrouper les
données au niveau du district. Cela fait, le formulaire doit être transmis chaque mois
au niveau de l’Etat ou au niveau national. Les données devraient si possible faire
l’objet d’une saisie informatique au niveau du district et de la province et être transmises
au niveau national pour analyse.
Il est important de suivre et d’évaluer les données sur la rougeole au niveau du
district
(c’est-à-dire le plus à la périphérie), ce qui permettra de savoir à ce niveau si
une épidémie de rougeole menace et comment elle peut être évitée ou bien si une
flambée se poursuit et comment on peut en limiter la propagation.
Y aura-t-il une flambée pendant l’année en cours ?
On peut prévoir et éviter les flambées en surveillant le nombre d’individus sensibles
et l’évolution de l’épidémiologie de la maladie ainsi qu’en vaccinant préalablement.
On peut évaluer à partir des éléments ci-après le nombre actuel de sujets sensibles :
·
renseignements sur la vaccination :
-
laps de temps écoulé depuis l’introduction du vaccin antirougeoleux ;
-
couverture de la vaccination antirougeoleuse1 depuis l’introduction du
vaccin ;
-
calendrier et couverture obtenue pendant les activités supplémentaires
telles que campagnes de vaccination ;
·
renseignements sur la maladie :
-
incidence par âge ;
·
changements dans la dynamique de la population :
-
immigration importante de sujets non vaccinés dans la zone en question.
1
Calcul de la couverture vaccinale : il est important d’évaluer la couverture pour toutes les doses
recommandées de vaccin antirougeoleux (couverture par une dose et par deux doses, selon le
schéma préconisé dans le pays concerné). Par exemple, si l’on utilise une méthode administrative
pour calculer la couverture par la première dose recommandée à 9 mois, le numérateur doit être le
nombre de doses administrées aux enfants âgés de 9 à 11 mois et le dénominateur la cohorte de
naissances correspondant à la même années que les données du numérateur. Si une deuxième dose
est recommandée à l’âge de 4 ans, le numérateur doit être le nombre de doses administrées aux
enfants âgés de 48 à 59 mois et le dénominateur le nombre total d’enfants correspondant à la même
cohorte de naissances.
12
Module sur les meilleures pratiques en matière de surveillance de la rougeole

Même s’il est possible de procéder à des calculs fondés sur des modèles pour prévoir
la date à laquelle la prochaine épidémie de rougeole risque de survenir, on peut aussi
prévoir les flambées de façon simple. En l’absence d’interventions ou d’événements
majeurs (par exemple, campagnes de vaccination de masse, augmentation sensible
de la couverture de la vaccination systématique, afflux récent de réfugiés), l’analyse
de la tendance des cas notifiés dans le temps donne des informations suffisantes.
L’intervalle entre des épidémies augmente en même temps que le niveau d’immunité
de la population. Ainsi, dans une région où se produisent des épidémies de rougeole
tous les 3 à 4 ans, on peut prévoir la date de la prochaine épidémie. Pour pouvoir
intervenir à titre préventif, il est recommandé d’établir une estimation basse de
l’intervalle entre les épidémies.
S’il est prévu une intervention visant à éviter une flambée, elle doit être mise en
œuvre avant le début de la saison épidémique rougeoleuse.
Qu’entend-on par flambée ?
On parle de « flambée » quand le nombre de cas observés dans une zone géographique
donnée est supérieur au nombre normalement escompté dans cette région pendant
un certain laps de temps. C’est pourquoi il est utile d’évaluer les tendances des années
récentes (c’est-à-dire le nombre moyen de cas ou le taux d’incidence moyen pour
une zone géographique donnée pendant un laps de temps déterminé pour les années
sans épidémie).
S’il n’existe pas de données rétrospectives provenant de la surveillance, des entretiens
avec les agents de santé locaux peuvent donner des renseignements fiables sur toute
augmentation inhabituelle des cas de rougeole au cours du dernier mois.
Une augmentation du nombre de cas peut correspondre à un développement de la
notification. Ainsi, un médecin nouvellement affecté dans un hôpital peut faire preuve
de plus de diligence que son prédécesseur pour déclarer les cas. Lors de l’investigation
d’une flambée, on peut arriver à savoir si l’augmentation observée est réelle ou non.
Une augmentation peut aussi correspondre à d’autres maladies, par exemple la rubéole.
Si les 5 à 10 premiers prélèvements sont négatifs pour la rougeole, il est important de
les tester pour la rubéole.
Analyse et confirmation des cas et des flambées
1.
Pendant la période d’endémie, il est déconseillé d’analyser et de confirmer
chaque cas suspect de rougeole. Mais il peut y avoir des exceptions à cette
règle dans les pays où l’infrastructure de surveillance est solidement implantée
et où il existe une surveillance intégrée des maladies basée sur l’identification
des cas.
2.
Si une épidémie de rougeole touche une zone géographique assez vaste ou
encore l’ensemble du pays, il est recommandé d’analyser les flambées en
quelques endroits, par exemple une zone rurale et une zone urbaine, plutôt
que d’analyser chaque flambée dans chaque ville.
3.
Lorsqu’on soupçonne la présence d’une flambée (voir « Collecte, regroupement
et interprétation des données » plus haut), les mesures ci-après sont
recommandées :
WHO/V&B/01.43
13

-
le personnel chargé de la surveillance au niveau du district informe
immédiatement les autres établissements de santé de la région et veille à
ce que des prélèvements de sang soient recueillis chez 5 à 10 personnes
pour confirmation (annexe 2a) ;
-
des prélèvements d’urine ou des prélèvements nasopharyngés sont
recueillis auprès de 5 à 10 personnes, qui peuvent être celles qui ont fait
l’objet d’un prélèvement de sang, en vue d’isoler le virus pour procéder
au séquençage génique (annexe 2a) ;
-
un formulaire de demande d’analyse est rempli et adressé au laboratoire
et un double envoyé au bureau sanitaire de district (annexe 2b) ;
-
les résultats de laboratoire sont communiqués dans les sept jours suivant
l’envoi des prélèvements.
4.
Quand la flambée est confirmée, il est important :
-
d’en informer immédiatement les responsables au niveau de l’Etat ou au
niveau national ;
-
de poursuivre la collecte et l’analyse des données pour suivre la flambée
et en déterminer les causes (voir « Analyse, établissement des rapports
normaux et interprétation des données » ci-dessous ») ;
-
de mettre en place la riposte appropriée (voir « Analyse, établissement
des rapports normaux et interprétation des données » ci-dessous »).
Analyse, établissement des rapports normaux et interprétation des données
Les donnés provenant de la surveillance doivent être analysées :
·
chaque niveau (c’est-à-dire établissement de santé, district, Etat ou niveau
national) une fois par mois.
Le personnel chargé de la surveillance au bureau sanitaire de district doit étudier
toutes les zones qui ne signalent pas de cas pendant des périodes prolongées. Il est
alors important de repérer au moins un site de notification, c’est-à-dire un hôpital ou
un grand dispensaire qui sera inclus dans les programmes de formation et dans les
procédures de notification rapide.
Les analyses doivent permettre de comprendre pourquoi la rougeole survient, d’obtenir
des orientations sur les stratégies de lutte, de prévoir les flambées éventuelles afin
d’appliquer des stratégies vaccinales pour les éviter et, enfin, de planifier les stratégies
d’élimination de la rougeole. Quelques graphiques simples peuvent livrer les données
essentielles (c’est-à-dire date, lieu et personne) :
·
nombre de cas par mois de notification pour deux années consécutives
(annexe 3a) ;
·
nombre de cas notifiés par établissement de santé (carte de répartition
géographique) (annexe 3b) ;
·
nombre de cas par tranche d’âge et selon l’état vaccinal (cumulés pour l’année)
(annexe 3c).
14
Module sur les meilleures pratiques en matière de surveillance de la rougeole

De plus, lorsqu’on dispose d’informations sur l’état civil/la mortalité, il est
recommandé de procéder à une analyse du nombre de décès par tranche d’âge et
selon l’état vaccinal (cumulés pour l’année) (annexe 3d).
Même si tous les sites ont procédé à une notification exhaustive, il est vraisemblable
que certains cas ou décès liés à la rougeole échapperont au système de surveillance.
Certains décès par rougeole peuvent survenir à domicile sans que les patients aient
été soignés, et certains malades peuvent se rétablir dans les mêmes circonstances.
De plus, en raison des effets à long terme de la rougeole et de la mortalité différée
par rougeole, certains décès dus à cette maladie risquent d’être classés de façon erronée
comme étant dus à d’autres causes et ne seront peut-être pas signalés comme décès
par rougeole. Enfin, des cas où la rougeole est la cause initiale de décès et non pas la
cause principale (par exemple dans la pneumonie bactérienne secondaire) ne seront
peut-être pas signalés comme étant dus à la rougeole. Cependant, malgré ces
distorsions, il reste nécessaire de recueillir des données sur les décès par rougeole et
sur leurs caractéristiques. Ces données sont en effet indispensables si l’on veut, d’un
côté, mesurer les progrès réalisés en vue de la réduction de la mortalité par rougeole
et, de l’autre, bien cibler les mesures de lutte.
Pour suivre l’impact du système de vaccination dans le temps, le personnel chargé de
la surveillance doit comparer les données des années antérieures aux données de
l’année en cours :
·
nombre de cas et de décès par année (annexe 4a et 4b) ;
·
proportion de cas dans chaque tranche d’âge (annexe 4c) ;
·
proportion de cas vaccinés (annexe 4d) ;
·
proportion de cas mortels (c’est-à-dire taux de létalité = nombre de décès par
rougeole divisé par le nombre total de cas) (annexe 4e).
Le calcul des taux d’incidence, c’est-à-dire le nombre de cas de rougeole divisé par le
nombre d’habitants à risque, est particulièrement utile au niveau de l’Etat ou au
niveau national pour comparer les caractéristiques de l’apparition de la maladie en
différents endroits et à différents moments (annexe 5). Pour calculer les taux avec
précision, il est important d’avoir des données démographiques précises.
On s’adressera pour cela au bureau du recensement ou on les évaluera à l’aide
d’enquêtes spéciales effectuées par diverses institutions ou par des établissements de
santé. Mais même si l’on dispose de données démographiques, il peut s’avérer difficile
de déterminer la zone desservie par les hôpitaux de recours. En outre, il ne faut pas
oublier que les variations des taux d’incidence de la rougeole peuvent être dues à des
variations au niveau de la notification.
Si l’on dispose de données démographiques, on peut calculer les taux d’atteinte par
âge, c’est-à-dire le nombre de cas dans une tranche d’âge particulière divisée par le
nombre total de personnes dans cette tranche d’âge, pour déterminer la classe d’âge
la plus exposée au risque de rougeole (annexe 6).
WHO/V&B/01.43
15

Pendant une flambée
Là où il existe un système de surveillance systématique, les données cumulées qui
sont normalement recueillies peuvent livrer suffisamment d’informations sur la cause
d’une flambée, c’est-à-dire aider à déterminer si la flambée était due à un échec de la
vaccination, à l’impossibilité de vacciner, à l’accumulation de sujets sensibles ou à
une migration de ces derniers et savoir comment on aurait pu l’éviter. Toutefois, si la
surveillance systématique laisse à désirer ou n’existe pas, il est important de recueillir
des données sur les cas (c’est-à-dire date, lieu et personne) et procéder aux analyses
indiquées plus haut (pour plus d’informations, voir Guide OMS pour la préparation
et la riposte aux flambées épidémiques de rougeole2 ).

Exemples de tendances et d’interprétation des données
·
Forte proportion de cas non vaccinés : couverture vaccinale médiocre.
·
Forte proportion de cas vaccinés : couverture vaccinale élevée. Parce qu’une
dose de vaccin antirougeoleux ne confère pas d’immunité à 100 %, on peut
s’attendre à ce que des cas surviennent parmi les sujets qui n’ont reçu qu’une
seule dose. Si le nombre de cas vaccinés est supérieur au nombre escompté ou
s’il est très élevé, il faut déterminer l’efficacité du vaccin (voir plus loin).
·
Forte proportion de cas parmi les enfants de 1 à 4 ans : couverture vaccinale
médiocre.
·
Forte proportion de cas parmi les enfants de 5 à 9 ans : couverture modérée à
élevée pour une dose de vaccin, risque accru d’exposition, par exemple à l’école.
A mesure que la couverture vaccinale augmente, l’incidence globale diminue
et les cas de rougeole apparaissent davantage dans des tranches d’âge plus
élevées.
·
Forte proportion de cas parmi les adultes : rougeole contractée par des sujets
sensibles qui n’ont jamais été exposés au virus de la rougeole ni au vaccin
antirougeoleux, par exemple des travailleurs de zones rurales isolées récemment
arrivés en ville.
·
Forte incidence dans certaines zones : la couverture vaccinale est médiocre ou
la surveillance y est meilleure qu’ailleurs.
On peut estimer l’efficacité du vaccin (EV) en dressant la courbe du pourcentage de
cas de rougeole vaccinés (PCV) en fonction du pourcentage de la population vaccinée
(PPV) afin de mettre en évidence les rapports entre PPV, PCV et EV (Figure 3).
Par exemple, si 60 % des cas de rougeole sont survenus chez des individus vaccinés
contre la rougeole et si la couverture vaccinale est de 95 %, l’efficacité du vaccin est
proche de 95 % ; si 30 % des cas de rougeole sont des individus vaccinés et si
la couverture vaccinale est de 60 %, l’efficacité du vaccin est d’environ 70 %
(voir Orenstein et al. pour plus d’informations sur le calcul de l’efficacité du vaccin.)
2
Guide OMS pour la préparation et la riposte aux flambées épidémiques de rougeole (WHO/CDS/
CSR/ISR/99.01).
16
Module sur les meilleures pratiques en matière de surveillance de la rougeole

Figure 3 : Pourcentage de cas vaccinés (PCV)
par rapport au pourcentage de la population vaccinée (PPV)
pour 7 valeurs de l’efficacité du vaccin (EV)
100
100
PPV – (PPV X VE/EV)
90
PCV =
90
1 – (PPV X VE/EV
80
80
70
70
60
60
V
50
Efficacité du vaccin - 40 50 60 70 80 90 95
50
V
PC
PC
40
40
30
30
20
20
10
10
0
0
0
10
20
30
40
50
60
70
80
90
100
Intervention
Les données de la surveillance et les données sur la couverture vaccinale permettent
de décider s’il faut améliorer cette dernière. Il faut intervenir avant qu’une flambée
ne se produise. Une fois qu’elle a débuté dans une zone à faible couverture vaccinale,
les activités de vaccination ne sont généralement pas assez rapides et étendues pour
la maîtriser. Il est donc essentiel de prévoir les flambées pour pouvoir les éviter,
c’est à dire qu’il faut réduire la sensibilité en développement la vaccination parmi les
groupes de population présentant une faible immunité. Pour prévenir les flambées,
il faut développer la couverture non seulement pour une seule dose mais aussi pour
une deuxième dose administrée par un système de vaccination systématique ou dans
le cadre d’activités supplémentaires.
Une fois la flambée confirmée, les mesures ci-après doivent être prises :
·
Dans la zone immédiate :
-
il faut informer aussitôt les agents de santé et la population et assurer
une rétroinformation en continu ;
-
dans toutes les flambées de rougeole, le renforcement de la vaccination
systématique, la sensibilisation à la vaccination et la bonne prise en charge
des cas sont prioritaires. Il est indispensable de savoir que les activités
de vaccination supplémentaires n’auront pas forcément de répercussions
sensibles sur l’évolution de la flambée et que, même si elles donnent de
bons résultats, le coût par cas évité peut être très élevé.
WHO/V&B/01.43
17

-
il faut soigner les patients selon les lignes directrices publiées pour la
prise en charge des cas.
·
Dans les zones où la flambée risque de se propager :
-
il faut procéder à des évaluations, et les efforts pour développer la
couverture vaccinale doivent avoir la priorité ;
-
la collecte et l’analyse des données doivent se poursuivre et/ou s’intensifer
si l’on veut repérer toute propagation de la flambée ou d’autres
changements dans l’épidémiologie de la rougeole.
(Voir Guide OMS pour la préparation et la riposte aux flambées épidémiques de
rougeole
pour plus d’informations sur la riposte en cas de flambée.)
Transmission des données aux niveaux centraux
La question de la transmission des données aux niveaux centraux a été examinée
plus haut dans la partie intitulée « Dépistage et notification ».
Il est par ailleurs important d’informer le personnel travaillant aux niveaux centraux
des divers aspects de la surveillance à la périphérie, notamment :
·
les nécessités du système de surveillance à la périphérie ; si le centre est chargé
de fournir le matériel, l’essence, les documents de formation, etc., la périphérie
doit en informer en temps voulu le personnel du niveau central ;
·
rétroinformation depuis le centre ; si le personnel à la périphérie ne reçoit pas
de rétroinformation du centre ou s’il faut corriger les données faisant l’objet de
la rétroinformation, le personnel chargé de la surveillance à la périphérie doit
en informer en conséquence le personnel travaillant au niveau central.
Rétro-information vers la périphérie
La rétro-information vers les niveaux les plus périphériques du système de surveillance
aide celui-ci à tous les niveaux et ce, pour quatre raisons :
·
elle permet d’informer les agents de santé de l’épidémiologie actuelle de la
rougeole, de la vaccination antirougeoleuse recommandée ainsi que des activités
de surveillance et de leur efficacité ;
·
elle contribue à créer un climat de collaboration en reconnaissant le dur labeur
accompli par ceux qui ont envoyé les données et en leur montrant comment
leurs données sont analysées ;
·
elle permet de vérifier avec les niveaux périphériques que les données reçues
aux niveaux centraux sont correctes ;
·
elle contribue à améliorer les résultats en faisant apparaître les progrès nationaux
réalisés en vue des objectifs spécifiques de santé publique et en comparant les
résultats entre régions, provinces, etc.
Le tableau ci-après contient des suggestions pour les filières de rétro-information.
18
Module sur les meilleures pratiques en matière de surveillance de la rougeole

Destination
Origine
Objet des données
Modalités
Fréquence*
Site périphérique Bureau sanitaire
Données sur la rougeole (nombre de
Fiche d’information Chaque mois
de notification
de district
cas, âge et état vaccinal) provenant
des centres de santé
Résultats des tests de laboratoire et
Téléphone, courrier Immédiatement
de l’investigation
électronique,
télécopie, lettre
Bureau sanitaire
La rougeole dans l’Etat et dans le pays
Bulletin
Tous les trois mois
d’Etat ou national
Données, y compris activités de riposte
et recommandations, indicateurs du
système de surveillance
Bureau sanitaire
Bureau sanitaire
Données sur la rougeole par district
Bulletin
Tous les mois
de district
d’Etat ou national
La rougeole dans l’Etat et dans le pays
Bulletin
Tous les trois mois
Données, y compris activités de riposte
et recommandations, indicateurs du
système de surveillance
Communauté
Bureau sanitaire
Education sanitaire dans la population
Médias (télévision, Au moins tous les
de district
sur la rougeole et d’autres maladies que radio, presse)
trois mois ; plus
la vaccination permet d’éviter
souvent si
nécessaire
Bureau sanitaire de Education sanitaire dans la population
Médias (télévision, Au moins tous les
l’Etat ou national
sur la rougeole et d’autres maladies que radio, presse)
trois mois ; plus
la vaccination permet d’éviter
souvent si
nécessaire
*
On peut accroître la fréquence en fonction des impératifs du programme. Une rétro-information
hebdomadaire pourra être nécessaire dans les pays qui se sont fixé pour objectif l’élimination.
Renforcement de la surveillance dans les pays où l’incidence est faible ou
qui en sont au stade de l’élimination

Dépistage et notification
La notification basée sur l’identification des cas et la confirmation en laboratoire de
chaque cas suspect sont indispensables pour suivre le virus de la rougeole durant la
phase d’élimination. Afin de savoir si les cas de rougeole sont dus à un virus autochtone
ou un virus importé, il faut prélever un petit nombre d’échantillons pour chaque
chaîne de transmission afin d’isoler le virus et de procéder à une analyse génomique.
Il est recommandé de mettre en place une notification hebdomadaire, y compris une
notification “zéro cas” lorsqu’aucun cas n’est décelé. Il est souhaitable de fournir
pour cela un formulaire particulier (annexe 7). Le formulaire utilisé pour la notification
hebdomadaire de la paralysie flasque aiguë peut être développé pour la notification
de la rougeole et d’autres maladies. Il est important que les rapports sur “zéro cas”
correspondent vraiment à l’absence de cas suspects dans les communautés concernées.
Il est indispensable de faire une investigation approfondie de chaque cas suspect.
En plus de la notification du cas, le médecin doit être chargé de faire un prélèvement
de sang et d’urine ou des prélèvements naso-pharyngés au moment où il examine le
patient, car certains cas risquent par la suite d’échapper au suivi.
WHO/V&B/01.43
19

Il est recommandé de créer une liaison spéciale pour transmettre l’information par
les voies les plus rapides (téléphone, télégramme, aérogramme, télécopie, courrier
électronique, etc.).
Tout cas suspect doit être notifié au district dans les 24 à 48 heures suivant sa détection.
Les districts doivent les signaler à l’Etat ou au niveau national dans les 24 à 48
heures suivant leur confirmation.
Collecte, synthèse et interprétation des données
Pour éviter que des flambées ne se produisent, il est déterminant de suivre :
·
l’accumulation des sujets sensibles ;
·
les poches de population non vaccinée.
Au stade de l’élimination, un seul cas de rougeole confirmé en laboratoire constitue
une flambée.
Investigation et confirmation des cas et des flambées
Un seul cas suspect de rougeole exige une investigation immédiate.
Le prestateur de soins doit :
·
faire tout son possible pour se procurer l’information de base, les données
cliniques, un prélèvement de sang et d’urine ou un prélèvement naso-pharyngé
lors du premier contact, qui sera peut-être le seul avec le patient. Il est donc
important de distribuer à l’avance aux établissements de santé les formulaires
d’investigation de cas (annexe 8) pour qu’ils soient disponibles au moment du
contact avec le patient..
·
informer le patient ou un proche qu’une infirmière de santé publique va venir
à domicile donner des détails sur l’élimination de la rougeole et la raison pour
laquelle la visite est nécessaire.
L’agent sanitaire de district doit :
·
se rendre immédiatement au domicile de la famille avec des formulaires
d’investigation pour la rougeole, du vaccin antirougeoleux et une trousse pour
le prélèvement d’échantillons ;
·
remplir le formulaire d’investigation de cas et déterminer si celui-ci correspond
à la définition clinique du cas de rougeole. Il est important d’évaluer la présence,
la date et la durée des symptômes (fièvre, éruption non vésiculaire, toux, rhinite,
conjonctivite) ;
·
rechercher activement d’autres cas parmi les voisins ou dans le quartier et
remplir le formulaire de recherche active (annexe 9) si le cas correspond à la
définition clinique du cas de rougeole ou s’il n’y a pas suffisamment
d’informations pour résoudre le problème, c’est-à-dire si l’on ne peut pas trouver
le patient.
·
expliquer à chaque famille que le patient doit rester chez lui et qu’il doit avoir
le moins de visiteurs possible jusqu’à ce que l’éruption disparaisse.
20
Module sur les meilleures pratiques en matière de surveillance de la rougeole

·
demander à la famille si elle sait où le patient a contracté la maladie et si le
contact avec des tiers présentant une éruption est survenu une dizaine de jours
avant le début de l’éruption chez le patient. Il faut toutefois noter que celui-ci
a peut-être été exposé à un sujet ne présentant pas d’éruption mais se trouvant
en période d’incubation et qui donc était contagieux ; il faut chercher à savoir
si le patient s’est déplacé en dehors de la zone où il habite ;
·
se rendre dans les habitations voisines jusqu’à 1 km à la ronde ou dans le même
quartier pour savoir s’il y a eu le mois précédent des cas d’éruption et de fièvre
et pour vérifier l’état vaccinal de tous les enfants de moins de 15 ans vivant
dans les ménages concernés ;
·
enquêter sur toute notification de maladie faisant intervenir une éruption ou
de la fièvre et un rhume. Il faudra peut-être demander au personnel d’autres
dispensaires d’aller vérifier auprès de sources d’information éventuelles s’il
s’est produit une maladie faisant intervenir une éruption et pour procéder à
une investigation complète des cas ;
·
se rendre dans les maternelles, les garderies d’enfants, les écoles, etc. de la
région pour savoir si des cas de fièvre et de maladie faisant intervenir une
éruption se sont produits ;
·
vacciner tous les enfants de la tranche d’âge cible dans les zones avoisinantes
où la flambée risque le plus de se propager (c’est-à-dire tous les enfants sensibles
des villages environnants qui n’ont pas reçu deux doses de vaccin
antirougeoleux). On peut choisir une fourchette d’âge (par exemple, 6 mois à
14 ans) pour cette activité de vaccination, en fonction de l’épidémiologie de la
rougeole dans la zone ;
·
notifier les voisins et les écoles de l’apparition du cas de rougeole dans la zone
et demander que tous ceux qui n’ont pas reçu deux doses de vaccin
antirougeoleux se fassent vacciner;
·
rechercher activement les cas dans les établissements de santé de la zone ;
·
informer sur place les médecins privés, les laboratoires, les pharmacies,
les tradipraticiens, etc. de l’apparition du cas de rougeole et leur demander s’ils
ont vu des patients présentant éruption et fièvre.
Surveillance de la taille et de la durée des flambées afin de déterminer l’état
d’avancement vers l’élimination

Il y a élimination lorsque la transmission ne peut se maintenir et que la propagation
secondaire à partir de cas importés de maladie va prendre fin naturellement sans
intervention. Cette situation est présente lorsque le chiffre reproductif effectif (R)
est inférieur à un. Si R est supérieur à un, il y aura une épidémie. On peut déterminer
l’état d’avancement vers l’élimination de la rougeole (R<1) et calculer R à partir de
trois indicateurs :
·
la proportion de cas importés ;
·
la distribution de la taille des flambées ;
·
le nombre de séries de propagation dans une flambée.
WHO/V&B/01.43
21

Il est donc déterminant de :
·
déceler tous les cas suspects de rougeole ;
·
confirmer en laboratoire tous les cas suspects;
·
déterminer l’origine de l’infection ;
·
relier les cas à l’intérieur des chaînes de transmission.
Il est donc possible de déterminer la valeur de R (voir Figure 4) à partir de :
·
la distribution de la taille des flambées (plus de 3 cas) ;
·
la distribution de la durée des flambées par nombre de séries de propagation.
22
Module sur les meilleures pratiques en matière de surveillance de la rougeole

Figure 4 : Distribution théorique de la taille des flambées et des séries
de propagation selon le chiffre reproductif effectif
Séries de propagation
100%
90%
80%
70%
60%
50%
40%
30%
20%
10%
0%
0.0
0.1
0.2
0.3
0.4
0.5
0.6
0.7
0.8
0.9
1.0
R
0
1
2
3-4
5-9
10+
Distribution de la taille des flambées pour
les flambées comportant au moins 3 cas
100%
80%
60%
40%
20%
0%
0.20
0.40
0.50
0.60
0.70
0.80
0.85
0.90
0.95
1.00
R
3-4
5-9
10-24
25-99
100-999
1000+
WHO/V&B/01.43
23

Surveillance et diagnostic de la rubéole
Les pays qui ont mis en place la vaccination systématique contre la rubéole devraient
intégrer la surveillance de cette maladie dans la surveillance basée sur l’identification
des cas de rougeole. Ils peuvent aussi inclure dans ce système de surveillance d’autres
virus provoquant des maladies éruptives fébriles (par exemple, virus de la dengue,
parvovirus B19).
Les pays se trouvant au stade de l’élimination qui ont obtenu de bons résultats avec
les programmes de vaccination antirougeoleuse constateront peut-être qu’un fort
pourcentage des cas suspects de rougeole sont en fait des cas de rubéole. Etant donné
que les deux maladies peuvent être éliminées simultanément grâce au vaccin ROR,
le fait de soumettre à des tests de recherche de la rubéole les prélèvements de sérum
négatifs pour la rougeole donnera des informations utiles pour la surveillance de la
rubéole.
L’algorithme ci-dessous sera utile pour les tests de laboratoire et la classification des
cas à partir des sérums prélevés sur les cas de rougeole présumés.
L’agent de santé voit un patient atteint de fièvre
et d’éruption généralisée et soupçonne la rougeole ou la rubéole
Pas de prélèvement sanguin
Prélèvement sanguin (5ml) réalisé moins
de 28 jours après l’apparition de l’éruption
Epidémiologiquement relié à
Test IgM spécifique de
Test IgM spécifique de
un cas confirmé en laboratoire ?
la rougeole négatif
la rougeole positif
Non
Oui
Test IgM spécifique
Test IgM spécifique
Rougeole
de la rubéole
de la rubéole
confirmée
négatif
positif
en laboratoire
Ecarté
Ecarté
Rubéole confirmée
Rubéole
Rougeole
en laboratoire
épidémiologiquement
épidémiologiquement
confirmée
confirmée
24
Module sur les meilleures pratiques en matière de surveillance de la rougeole

Logistique de la surveillance
La logistique de la surveillance a été décrite et commentée dans le document
de l’OMS Pour une surveillance efficace. Module 3 : Gestion de la logistique
(WHO/V&B/01.10).
WHO/V&B/01.43
25

Reseau de laboratoires
L’OMS est en train de créer un réseau mondial de laboratoires pour la rougeole
dont la structure et les fonctions à chaque niveau sont exposées ci-dessous.
Pour plus de détails, se reporter au Manuel pour le diagnostic biologique de la
rougeole, décembre 1999
(WHO/V&B/00.16).
Confirmation du diagnostic de rougeole cliniquement suspecte au moyen du kit ELISA IgM.
Prélèvement et envoi au laboratoire régional de référence des échantillons destinés à
Laboratoire
l’isolement du virus.
sous-national
Assurance de la qualité : Essais d’aptitude annuels. Transmission d’échantillons
sélectionnés au laboratoire national en vue de la validation.
Notification :Au directeur du programme de pays.
Confirmation du diagnostic de rougeole cliniquement suspecte au moyen du kit ELISA IgM.
Prélèvement et envoi au laboratoire régional de référence des échantillons destinés à
l’isolement du virus.
Laboratoire
Assurance de la qualité : Essais d’aptitude annuels. Transmission d’échantillons
national
sélectionnés au laboratoire national en vue de la validation.
Recherche : Transmission des souches de virus aux laboratoires mondiaux. Enquêtes
sérologiques essentielles du point de vue épidémiologique.
Notification : Au directeur du programme de pays et à l’OMS.
Référence. Diagnostic des cas de rougeole cliniquement suspects. Isolement et
caractérisation du virus à partir d’échantillons recueillis par les laboratoires nationaux et sous-
nationaux.
Contrôle de la qualité : Validation de ses propres résultats et de ceux des laboratoires
nationaux au moyen d’un test de référence. Coordination des essais d’aptitude annuels
Laboratoire
destinés aux laboratoires nationaux.
régional
Assurance de la qualité interne : Evaluation de la sensibilité et de la spécificité de son
de référence
travail par des essais d’aptitude.
Formation :Formation et conseil à l’intention du personnel des laboratoires nationaux.
Recherche : Transmission des souches de virus aux laboratoires mondiaux. Collaboration
au développement et à l’évaluation de nouveaux tests.
Notification : Au directeur du programme de pays et à l’OMS.
Contrôle de la qualité : Préparation des étalons, des batteries de sérums et de virus pour le
contrôle de qualité, et du matériel de formation.
Conseil technique : Conseil technique, consultation et formation spécialisée à l’intention des
Laboratoire
laboratoires régionaux et nationaux.
spécialisé
Essais d’aptitude : Organisation d’essais d’aptitude périodiques à l’intention des laboratoires
mondial
régionaux.
Recherche : Evaluation des kits de diagnostic. Amélioration des méthodes de diagnostic.
Notification : à l’OMS (niveau régional et mondial) et aux LRP.
Banque de souches : Caractérisation génétique et conservation des souches sauvages de
virus de la rougeole. Transmission d’informations au programme en fonction des besoins (au
départ, 2 laboratoires mondiaux)
26
Module sur les meilleures pratiques en matière de surveillance de la rougeole

Evaluation du système
de surveillance
Pour pouvoir déterminer les secteurs à améliorer dans un système de surveillance,
il faudra peut-être faire une évaluation initiale. On se reportera au document
de l’OMS Pour une surveillance efficace. Module 4 : Gestion des données
(WHO/V&B/01.11).
Il faut se servir d’indicateurs de performance prédéterminés pour évaluer les résultats
obtenus par le système de surveillance. Ces indicateurs doivent être évalués
périodiquement, une rétro-information doit être fournie aux prestataires de soins et
les améliorations requises doivent être apportées au système.
Indicateurs de performance au stade de la lutte pour les pays où la
rougeole est endémique

Cible : tous les indicateurs doivent être =80 %
·
% des districts procédant à une notification mensuelle ;
·
% des districts déclarant des cas dans le mois qui suit la période de notification ;
·
% des cas notifiés avec des données de base (c’est-à-dire, âge, état vaccinal).
Il faut évaluer au moins une fois par mois ces indicateurs. Dans les pays qui ont un
système de notification hebdomadaire, il est préférable d’évaluer chaque semaine les
indicateurs.
Dans les pays où l’incidence est faible ou qui se trouvent au stade de l’élimination,
il faudrait évaluer chaque semaine les indicateurs de performance suivants :
Indicateurs de performance :
Cible : tous les indicateurs doivent être >80 %
% des sites notifiant des cas chaque semaine
% des cas* notifiés < 48 heures du début de l’éruption
% des cas ayant fait l’objet d’une investigation < 48 heures de leur notification
% de cas pour lesquels un prélèvement adéquat** et des résultats de laboratoire ont
été disponibles en moins de 7 jours
% des cas confirmés où la source de l’infection a été déterminée.
*
Tous les cas correspondant à la définition clinique du cas de rougeole.
** Un prélèvement sanguin recueilli dans les 28 jours suivant le début de l’éruption.
WHO/V&B/01.43
27

Références bibliographiques
et lectures recommandées
Rougeole : Réduction de la mortalité et élimination régionale – Plan stratégique
2001–2005.
Genève, Organisation mondiale de la Santé/UNICEF, 2001 (document
non publié WHO/V&B/01.13 ; disponible auprès de Vaccins et produits biologiques,
Organisation mondiale de la Santé, 1211 Genève 27, Suisse ainsi que sur Internet à :
http://www.who.int/vaccines-documents/DocsPDF00/www573.pdf).
Thacker SB, Berkelman RL. Public health surveillance in the United States.
Epidemiological Review 1988;10:164–90.
WHO-recommanded standards for surveillance of selected vaccine-preventable
diseases.
Genève, Organisation mondiale de la Santé, 1998 (document non publié
WHO/EPI/GEN/98.01 rev.2 ;disponible auprès des Vaccins et produits biologiques,
Organisation mondiale de la Santé, 1211 Genève 27, Suisse ainsi que sur Internet à :
http://www.who.int/vaccines-documents/DocsPDF/www9742.pdf).
Measles eradication field guide. Washington DC, Etats-Unis d’Amérique ;
Bureau sanitaire panaméricain, Bureau régional de l’Organisation mondiale de la
Santé ; 1999 (Technical Paper No. 41).
Measles reduction and regional elimination. Principles for measles control and
elimination (sous presse).
Guide OMS pour la préparation et la riposte aux flambées épidémiques de rougeole.
Genève, Organisation mondiale de la Santé, 1999 (document non publié
WHO/CDS/CSR/ISR/99.1 ; disponible auprès de Maladies transmissibles :
surveillance et action, Organisation mondiale de la Santé, 1211 Genève 27, Suisse).
Comment utiliser les données de la surveillance et l’étude des flambées épidémiques
pour renforcer les programmes de vaccination contre la rougeole.
Genève, Organisation mondiale de la Santé, 1996 (document non publié
WHO/EPI/GEN/96.02 ; disponible auprès de Vaccins et produits biologiques,
Organisation mondiale de la Santé, 1211 Genève 27, Suisse et à l’adresse Internet
http://www.who.int/vaccines-documents/DocsPDF/ www9645.pdf).
Detect and respond to priority diseases. Atlanta, Centers for Disease Control and
Prevention, Epidemiology Program Office, Division of International Health; 2000.
Teutsch SM, Churchill RE, eds. Principles and practice of public health surveillance.
Second edition (ISBN 0-19-513827-9) USA, Oxford University Press, 2000.
28
Module sur les meilleures pratiques en matière de surveillance de la rougeole

Orenstein WA et al. Field evaluation of vaccine efficacy. Bulletin de l’Organisation
mondiale de la Santé,
1985, 63(6) : 1055–1068.
Centers for Disease Control and Prevention. Guidelines for evaluating surveillance
systems. Morbidity and mortality weekly report. 1988, 37(S–5): 1–18.
Manual for the surveillance of vaccine-preventable diseases. Atlanta, Centers for
Disease Control and Prevention, 1999.
Pour une surveillance efficace. Module 1 : Evaluation rapide de la surveillance
des maladies évitables par la vaccination.
Genève, Organisation mondiale de
la Santé, 2001 (document non publié WHO/V&B/01.08 ; disponible auprès
de Vaccins et produits biologiques, Organisation mondiale de la Santé,
1211 Genève 27, Suisse et à l’adresse Internet http://www.who.int/vaccines-
documents/DocsPDF01/www658.pdf).
Pour une surveillance efficace. Module 3 : Gestion de la logistique.
Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2001 (document non publié
WHO/V&B/01.10 ; disponible auprès de Vaccins et produits biologiques,
Organisation mondiale de la Santé, 1211 Genève 27, Suisse et à l’adresse Internet
http://www.who.int/vaccines-documents/DocsPDF01/www659.pdf).
Pour une surveillance efficace. Module 4 : Gestion des données. Genève,
Organisation mondiale de la Santé, 2001 (document non publié WHO/V&B/01.11 ;
disponible auprès de Vaccins et produits biologiques, Organisation mondiale de la
Santé, 1211 Genève 27, Suisse et à l’adresse Internet http://www.who.int/vaccines-
documents/DocsPDF01/www660.pdf).
Manuel pour le diagnostic biologique de la rougeole. Genève, Organisation mondiale
de la Santé, 1999 (document non publié WHO/V&B/00.16 ; disponible auprès
de Vaccins et produits biologiques, Organisation mondiale de la Santé,
1211 Genève 27, Suisse et à l’adresse Internet http://www.who.int/vaccines-
documents/ DocsPDF00/www568.pdf).
Directives concernant la surveillance du syndrome de rubéole congénitale et de la
rubéole. Version pour les essais de terrain, mai 1999.
Genève, Organisation mondiale
de la Santé, 1999 (document non publié WHO/V&B/99.22 ; disponible auprès
de Vaccins et produits biologiques, Organisation mondiale de la Santé,
1211 Genève 27, Suisse et à l’adresse Internet http://www.who.int/vaccines-
documents/DocsPDF99/ www9935.pdf).
WHO/V&B/01.43
29

Annexe 1 :
Formulaire de notification pour la surveillance
systématique de la rougeole dans les pays
où cette maladie est endémique
Désignation du site de notification : _____________________________________________________________________
Nom du district, etc. : ______________________________________________________________________________
Date : ______________________ Origine : ____________________ Destinataire : _____________________________
Tranche d’âge*
Nombre de cas de rougeole en fonction de l’état vaccinal
Total
(en années)
Carnet de
Antécédents
Pas de
Inconnu
vaccination**
vaccinaux**
vaccination
<1
1-4
5-9
10-14
15-19
20-24
25-29
30+
Total
Tranche d’âge*
Nombre de cas de rougeole en fonction de l’état vaccinal
Total
(en années)
Carnet de
Antécédents
Pas de
Inconnu
vaccination**
vaccinaux**
vaccination
<1
1-4
5-9
10-14
15-19
20-24
25-29
30+
Total
NB :
*
Si possible dans le contexte de la surveillance intégrée, il est suggéré d’utiliser les tranches d’âge ci-
après pour les moins de 5 ans : 0–5 mois, 6–11 mois, 12–23 mois, 2–4 ans, ce qui donnera des
renseignements plus spécifiques sur la façon d’adapter les programmes.
** Pour les pays où les enfants ont une deuxième occasion d’être vaccinés, on peut classer l’état vaccinal
en deux catégories : une et deux doses de vaccin antirougeoleux.
30
Module sur les meilleures pratiques en matière de surveillance de la rougeole

Annexe 2a :
Recueil, conservation et expédition des
échantillons pour le diagnostic de la
rougeole et l’investigation des flambées
Le test ELISA appliqué à la détection des IgM spécifiques de la rougeole est
recommandé pour le réseau OMS de laboratoires pour la lutte antirougeoleuse.
Le recueil des échantillons en vue du diagnostic de la rougeole et de l’isolement du
virus doit se faire en fonction de la phase de lutte contre la rougeole et d’élimination
dans laquelle est classé un pays (voir tableau ci-dessous).
Echantillons à recueillir pour la sérologie de la rougeole et l’isolement
du virus en fonction des différentes phases de la lutte contre la rougeole
Phase
Fonction du
Situation
Echantillon : sang
Echantillon :
laboratoire
épidémiologique
pour le diagnostic
prélèvement pour
sérologique de la
l’isolement du virus
rougeole
Réduction de la
Confirmation des premiers Cas isolé
Non
Non
mortalité
cas durant les flambées
Analyse des souches de
Flambée
Oui
Oui
virus sauvages provenant
Les 5 à 10 premiers cas Environ 10
de cas sélectionnés pour
pour confirmer la flambée échantillons ou
faciliter la caractérisation
et les cas de propagation jusqu’à la réalisation
génétique des virus
présumée du virus
de un ou deux
isolements
Elimination
Confirmation du diagnostic Cas isolé
Oui
Oui
clinique de tous les cas
Tous les cas suspects
Cas suspects de
suspects pour faciliter la
de rougeole
rougeole
détection précoce de la
circulation du virus
Analyse des souches de
Flambée
Oui
Oui
virus sauvages et
Les 10 premiers cas
Environ 10
surveillance de leur
pour confirmer la flambée échantillons.
distribution et de leur
et les cas de propagation Possibilité d’en
circulation pour faciliter
présumée
recueillir davantage
l’évaluation de l’impact des
dans les districts
stratégies de vaccination
récemment infectés
WHO/V&B/01.43
31

Prélèvement d’échantillons sérologiques pour le diagnostic de la rougeole
Choix du moment du prélèvement des échantillons sanguins uniques destinés à
la sérologie des IgM.

Il est important de prélever les échantillons au bon moment, par rapport aux signes
cliniques, si l’on veut pouvoir interpréter correctement les résultats et en tirer une
conclusion exacte.
Bien que les tests ELISA IgM soient les plus sensibles entre le quatrième jour et le
28ème jour après le début de l’éruption, un seul sérum prélevé lors du premier
contact avec le système de soins dans les 28 jours suivants le début de l’éruption
est considéré comme suffisant pour la surveillance de la rougeole
.
Seconds échantillons sanguins
Ils peuvent être nécessaires dans les circonstances suivantes :
·
Le test ELISA par capture des IgM donne un résultat douteux ;
·
Le médecin a besoin de poser un diagnostic définitif chez un patient ayant eu
un premier résultat négatif.
Un second échantillon destiné à la recherche des IgM peut être prélevé à n’importe
quel moment entre le quatrième et le vingt-huitième jour après le début de l’éruption.
Un prélèvement 10 à 20 jours après le premier permettra au laboratoire de répéter la
recherche des IgM ou, si une méthode quantitative est possible, de rechercher une
augmentation du taux des IgG. Mais cette façon de procéder n’est pas recommandée
en routine car elle ne fournit que peu d’informations supplémentaires.
Technique de prélèvement
·
Prélever 5 ml de sang par ponction veineuse dans un tube stérile sur lequel
sont indiquées les données d’identification du patient et la date du prélèvement ;
·
centrifuger le sang total à 1000 g pendant 10 minutes afin de séparer le sérum ;
·
on peut conserver le sang entre 4° et 8° C pendant au maximum 24 heures
avant de séparer le sérum ;
·
ne pas congeler le sang total ;
·
en l’absence de centrifugeuse, conserver le sang au réfrigérateur jusqu’à
rétraction complète du caillot ;
·
prélever soigneusement le sérum en évitant d’entraîner des globules rouges et
le transférer soigneusement dans un flacon étiqueté stérile ;
·
noter sur le flacon le nom ou l’identifiant du patient, la date du prélèvement et
le type d’échantillon ;
·
conserver le sérum entre 4° et 8° C jusqu’à ce qu’il soit prêt à être expédié ;
32
Module sur les meilleures pratiques en matière de surveillance de la rougeole

·
remplir complètement les formulaires d’investigation de cas (annexe 2b et,
en phase d’élimination, annexe 8) ; trois dates sont très importantes :
-
dernière vaccination antirougeoleuse ;
-
début de l’éruption ;
-
prélèvement de l’échantillon.
Conservation des échantillons sanguins
·
Le sang total peut être conservé au réfrigérateur (entre 4° et 8° C) s’il peut
être transporté de manière à arriver au laboratoire dans les 24 heures ;
·
si ce n’est pas possible, il faut centrifuger le tube afin de séparer le sérum,
puis transférer celui-ci dans un tube à bouchon à vis, stérile et étiqueté, en vue
de son transport jusqu’au laboratoire ;
·
en l’absence de centrifugeuse, le sang doit rester 24 heures au réfrigérateur
afin de permettre la rétraction du caillot. On retire ensuite soigneusement le
sérum avec une pipette de petit calibre et on le transfère dans un tube stérile ;
·
le sérum stérile doit être expédié sur de la glace dans les 48 heures ou bien
conservé entre 4° et 8° C pendant sept jours maximum ;
·
pour des durées de conservation plus longues, les sérums seront congelés à
–20° C, puis transportés au laboratoire sur des accumulateurs de froid congelés.
La congélation et la décongélation répétées peuvent avoir un effet négatif sur
la stabilité des IgM.
Expédition des échantillons sanguins
·
Envoyer les échantillons au laboratoire aussi vite que possible. Ne pas attendre
d’en prélever d’autres ;
·
placer les échantillons dans des sacs en plastique à fermeture par pression et
glissière ;
·
utiliser des boîtes en Styrofoam ou des bouteilles isolantes ;
·
placer le formulaire d’échantillon et le formulaire d’investigation dans un sac
plastique et les coller à l’intérieur et en haut de la boîte en Styrofoam ;
·
si des accumulateurs de froid (qui doivent être congelés) sont utilisés, les placer
au fond de la boîte et sur les côtés, poser les échantillons au centre, puis ajouter
d’autres accumulateurs par-dessus ;
·
fixer la date d’expédition ;
·
une fois la date fixée, l’indiquer au destinataire en précisant le mode de transport .
·
On trouvera plus de détails sur le conditionnement et l’expédition des
échantillons dans le Manuel pour le diagnostic biologique de la rougeole.
WHO/V&B/01.43
33

Urine destinée à l’isolement du virus rougeoleux
Il faut des échantillons de 10 à 50 ml, de préférence la première urine du matin.
La plupart des virus rougeoleux excrétés dans les échantillons se trouvent dans les
cellules épithéliales contenues dans l’urine. Pour concentrer les virus, on centrifuge
l’urine et on remet le culot cellulaire en suspension dans un milieu de transport pour
virus approprié. L’urine NE doit PAS être congelée avant la concentration.
Choix du moment
L’isolement du virus rougeoleux réussit mieux sur des échantillons recueillis dès le
début de l’éruption où à défaut dans les sept jours qui suivent.
Technique de recueil
·
Recueillir l’urine dans un récipient stérile ;
·
conserver entre 4° et 8° C en attendant la centrifugation ;
·
si possible, centrifuger dès les premières heures (voir ci-dessous).
Conservation et expédition des échantillons d’urine
·
Les échantillons d’urine total peuvent être expédiés dans des récipients bien
fermés à 4° C, mais la centrifugation dans les 24 heures suivant le recueil est
préférable ;
·
centrifuger à 500 g (environ 1500 tours/minute) pendant cinq minutes à 4° C ;
·
jeter le surnageant et remettre le sédiment en suspension dans un millilitre de
milieu de transport pour virus ou dans un milieu de culture tissulaire ;
·
NE PAS CONGELER le sédiment si l’expédition peut se faire dans les
48 heures et NE PAS CONGELER l’urine avant de la centrifuger ;

·
le culot remis en suspension peut être conservé à 4° C et expédié dans les
48 heures au laboratoire de référence approprié. Il peut aussi être congelé à
-70° C dans un milieu de transport pour virus et expédié sur de la glace
carbonique, dans un flacon à vis bien fermé de façon à être protégé d’une
contamination par le dioxyde de carbone.
Prélèvements rhinopharyngés pour l’isolement du virus rougeoleux
Choix du moment
Les prélèvements rhinopharyngés destinés à l’isolement du virus doivent être recueillis
dès que possible après le début de l’éruption (pas plus de sept jours après), au moment
où le virus est présent à une forte concentration.
34
Module sur les meilleures pratiques en matière de surveillance de la rougeole

Technique de prélèvement
Les prélèvements rhinopharyngés peuvent se faire de la manière suivante (dans l’ordre
croissant de concentration en virus) :
·
aspiration ;
·
lavage ;
·
écouvillonnage des muqueuses.
Pour un prélèvement nasal par aspiration, introduire quelques millilitres de soluté
salin stérile dans le nez avec une seringue pourvue d’une fine tubulure en caoutchouc,
puis recueillir le liquide dans un tube de centrifugeuse à bouchon à vis contenant un
milieu de transport pour virus3 (voir Manuel pour le diagnostic biologique de la
rougeole, décembre 1999
(WHO/V&B/00.16).
Pour un lavage de gorge, faire faire un gargarisme avec un petit volume de soluté
salin stérile et recueillir le liquide dans un milieu de transport pour virus.
Pour un écouvillonnage rhinopharyngé, racler le rhinopharynx et la gorge avec un
écouvillon stérile pour détacher des cellules épithéliales, puis placer les écouvillons
dans un milieu de transport pour virus, dans des tubes à bouchon à vis étiquetés,
les réfrigérer et les acheminer au laboratoire sur de la glace (entre 4° et 8° C) dans
les 48 heures.
Conservation et transport des prélèvements rhinopharyngés
·
Faire parvenir au laboratoire, en moins de 48 heures, les prélèvements
rhinopharyngés placés dans un milieu de transport pour virus (annexe 2),
sur de la glace (entre 4° et 8° C) ;
·
si l’expédition n’est pas possible immédiatement, les écouvillons seront secoués
dans le milieu afin d’éluer les cellules, puis retirés ;
·
centrifuger le milieu ou le prélèvement à 500 g (environ 1500 tours/minute)
pendant cinq minutes à 4° C, puis remettre le culot obtenu en suspension dans
un milieu de culture cellulaire ;
·
conserver séparément le culot en suspension et le surnageant à -70° C,
puis expédier au laboratoire sur de la glace carbonique, dans des flacons à
bouchon à vis bien fermés afin de les protéger d’une contamination par le
dioxyde de carbone.
3
S’il n’y a pas de milieu de transport pour virus, on peut utiliser un soluté salin isotonique, un milieu
de culture tissulaire ou un soluté salin tamponné au phosphate.
WHO/V&B/01.43
35

NOTE : Prélèvements destinés à l’isolement des virus
Le laboratoire doit se mettre d’accord au préalable avec les épidémiologistes
sur le nombre, le type et le lieu les plus appropriés pour recueillir les
échantillons destinés à l’isolement du virus. Dans l’idéal, ces échantillons
devraient être prélevés en même temps que ceux destinés au diagnostic
sérologique et à la confirmation de l’origine de la flambée. Comme chaque
type d’échantillon a des exigences différentes, le choix dépendra des ressources
et infrastructures locales de transport et de conservation.

Les chances d’isoler le virus étant plus grandes si les échantillons sont prélevés
dans les trois jours suivant le début de l’éruption, il ne faut pas attendre que
le laboratoire confirme un cas suspect de rougeole pour recueillir les
échantillons destinés à l’isolement.

Nécessaire de prélèvement d’échantillons pour le diagnostic de la rougeole
Les différents éléments devant faire partie d’un nécessaire de prélèvement
d’échantillons destiné au diagnostic de la rougeole ont été précisés. Ces nécessaires
peuvent être distribués aux établissements qui recueillent les échantillons provenant
des cas suspects de rougeole dans les pays en phase d’élimination de la rougeole.
Le nécessaire de base pour la prise de sang comprend :
·
un tube Vacutainer de 5 ml (non hépariné) avec une aiguille de calibre 23 ;
·
un garrot ;
·
des compresses antiseptiques ;
·
des flacons pour la conservation du sérum ;
·
des étiquettes pour les échantillons ;
·
des pansements adhésifs ;
·
des sacs plastiques à fermeture par pression et glissière ;
·
un formulaire de transfert d’échantillon ;
·
ne boîte isotherme avec des accumulateurs de froid.
Interprétation des résultats de laboratoire
Classification finale des cas de rougeole pour les pays en phase d’élimination
de la rougeole

·
Seuls les patients ayant un résultat positif avec un test ELISA IgM validé ou
un lien épidémiologique avec un tel cas sont considérés comme étant des cas
de rougeole confirmés en laboratoire ;
·
les patients dont les résultats ont été obtenus par d’autres méthodes sont,
en l’attente du test biologique final, considérés comme cas présumés.
Si, pour une raison ou une autre, on n’effectue pas de test ELISA IgM approuvé sur
des échantillons positifs avec d’autres techniques, on peut considérer ces cas, à des
fins de surveillance, comme confirmés cliniquement.
36
Module sur les meilleures pratiques en matière de surveillance de la rougeole

Interprétation des résultats chez les patients récemment vaccinés
La rougeole naturelle et le vaccin antirougeoleux peuvent stimuler chez l’hôte une
réponse en IgM. Si le cas suspect de rougeole a des antécédents de vaccination de
rougeole dans les six semaines précédant le début de l’éruption, l’interprétation
des résultats risque de devenir un dilemme pour la surveillance car :
·
le vaccin antirougeoleux peut provoquer de la fièvre chez 5% des vaccinés et
une éruption chez environ 20% d’entre eux ;
·
les personnes vaccinées pour la première fois présentent normalement un taux
détectable d’IgM antirougeoleses après la vaccination ;
·
une éruption discrète durant un à trois jours apparaît parfois une semaine environ
après la vaccination ;
·
les techniques sérologiques ne peuvent pas faire la distinction entre la réponse
immunitaire à l’infection naturelle et la réponse immunitaire à la vaccination.
Seuls l’isolement et la caractérisation du virus en sont capables ;
·
il peut arriver que d’autres pathologies telles que la rubéole, la dengue, etc.,
provoquent une éruption et de la fièvre chez les personnes récemment vaccinées
contre la rougeole.
Si l’on tient compte de ces éléments, il est nécessaire d’avoir une définition
opérationnelle qui permette d’aborder la classification finale des cas suspects de
rougeole ayant un résultat positif pour les IgM.
Classification des cas ayant un résultat positif pour les IgM
et des antécédents de vaccination antirougeoleuse récente
Classification finale
Antécédents de vaccination
Résultats épidémiologiques
Ecarté
Antécédents de vaccination de rougeole dans
Une recherche active en communauté ne
les six semaines précédents le début de
trouve pas d’éléments en faveur d’une
l’éruption
transmission. Pas d’antécédents de voyage
dans des zones où l’on sait que le virus
rougeoleux circule.
Confirmé
Antécédents de vaccination de rougeole dans
Une recherche active en communauté trouve
les six semaines précédents le début de
d’autres cas de rougeole confirmés en
l’éruption
laboratoire.
L’annexe 2a est extraite en grande partie du Manuel pour le diagnostique biologique
de la rougeole.
WHO/V&B/01.43
37

Annexe 2b :
Formulaire de demande
d’analyse et de résultats
Formulaire de demande d’analyse et de résultats
Country:
Patient number:
Pays :
Numéro d’identification
Date / /
du patient :
Nom du patient :
Sexe :
M
F
Date de naissance : / /
Age en mois :
Nom du parent ou du tuteur :
Adresse :
Nombre de doses de vaccins antirougeoleux :
Date de la dernière dose : / /
Date d’apparition de la fièvre : / /
Date du début de l’éruption : / /
Type d’éruption :
Diagnostic clinique provisoire :
Prélèvement
Date du prélèvement
Date de l’envoi
(1)/ /
/ /
(2)/ /
/ /
(3)/ /
/ /
Nom de la personne à laquelle doivent être adressés les résultats du laboratoire :
Adresse :
Téléphone :
Fax :
A remplir par le laboratoire :
Nom du laboratoire :
Nom de la personne réceptionnant l’échantillon :
Etat du prélèvement :
Prélèvement Date de réception
Date des
Type de test
Résultats
Commentaires
au laboratoire
résultats
du test
/ /
/ /
/ /
/ /
/ /
/ /
/ /
/ /
38
Module sur les meilleures pratiques en matière de surveillance de la rougeole

Annexe 3a :
Nombre de cas et de décès dus à la
rougeole signalés chaque mois
(Lieu, première année et deuxième année)
Nombre de cas
350
300
250
200
150
100
50
0
Jan.
Fév. Mars
Avr.
Mai
Juin
Juil.
Août
Sep.
Oct.
Nov.
Déc.
Mois de notification
Première année
Deuxième année
WHO/V&B/01.43
39

Annexe 3b :
Carte de répartition géographique
des cas de rougeole
(Lieu, deuxième année)
Ville
Ville
Ville
Capitale
Ville
= 1 cas
Note : L’absence de cas de rougeole dans certaines zones peut être due à une mauvaise surveillance ou
à l’absence de notification.
40
Module sur les meilleures pratiques en matière de surveillance de la rougeole

Annexe 3c :
Nombre de cas de variole par tranche
d’âge et en fonction de l’état vaccinal
(Lieu, janvier–juin, année)
Nombre de cas
350
300
250
200
150
100
50
0
<1 an
1-4 ans
5-9 ans 10-14 ans 15-19 ans 20-24 ans 25+ ans
Tranche d’âge
Non vacciné
Antécédents vaccinaux
Carnet de vaccination
Inconnu
Note:
On peut regrouper les tranches d’âge correspondant aux adultes s’il n’y a parmi eux que peu
de cas.
WHO/V&B/01.43
41

Annexe 3d :
Nombre de décès dus à la rougeole par
tranche d’âge et en fonction de l’état vaccinal
(Lieu, janvier–juin, année)
Nombre de décès
20
15
10
5
0
<1 an
1-4 ans
5-9 ans 10-14 ans 15-19 ans 20-24 ans 25+ ans
Tranche d ’âge
Non vacciné
Antécédents vaccinaux
Carnet de vaccination
Inconnue
42
Module sur les meilleures pratiques en matière de surveillance de la rougeole

Annexe 4a :
Nombre de cas de rougeole par année
(Lieu, 1994–2000*)
Nombre de cas
1000
800
600
400
200
0
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
Année
*
On peut prendre un plus grand nombre d ’années en fonction de la disponibilité des données et des
objectifs de l ’analyse.
WHO/V&B/01.43
43

Annexe 4b :
Nombre de décès dus à la rougeole par année
(Lieu, 1994–2000*)
Nombre de décès
100
80
60
40
20
0
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
Année
*
On peut prendre un plus grand nombre d’années en fonction de la disponibilité des données et des
objectifs de l’analyse.
44
Module sur les meilleures pratiques en matière de surveillance de la rougeole

Annexe 4c :
Proportion des cas de rougeole
par tranche d’âge et par année
(Lieu, 1994–2000*)
Proportion (%)
100%
80%
60%
40%
20%
0%
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
Année
<1 an
1-4 an
5-9 an
10-14 an
15-19 an
20-24 an
25+ an
*
On peut prendre un plus grand nombre d’années en fonction de la disponibilité des données et des
objectifs de l’analyse.
WHO/V&B/01.43
45

Annexe 4d :
Proportion des cas de rougeole en
fonction de l’état vaccinal et par année
(Lieu, 1994–2000*)
Proportion (%)
100%
80%
60%
40%
20%
0%
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
Année
Non vacciné
Antécédents vaccinaux
Carnet de vaccination
Inconnu
*
On peut prendre un plus grand nombre d’années en fonction de la disponibilité des données et des
objectifs de l’analyse.
46
Module sur les meilleures pratiques en matière de surveillance de la rougeole

Annexe 4e :
Proportion des cas de rougeole
par issue et par année
(Lieu, 1994–2000*)
Proportion (%)
100
80
60
40
20
0
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
Année
Décès
Pas de décès
*
On peut prendre un plus grand nombre d’années en fonction de la disponibilité des données et des
objectifs de l’analyse.
WHO/V&B/01.43
47

Annexe 5 :
Taux d’incidence par district
(Etat, janvier à juin, année)
Nom du district
Population
Nombre de cas
Taux d’incidence
(pour 1000)
A
50 000
50
1,0
B
20 000
25
1,3
C
10 000
100
10,0
D
60 000
30
0,5
E
100 000
1 500
15,0
F
10 000
10
1,0
G
15 000
50
3,3
Total
265 000
1765
6,7
48
Module sur les meilleures pratiques en matière de surveillance de la rougeole

Annexe 6 :
Taux d’atteinte rougeoleuse par âge
(Etat, janvier à juin, année)
Tranche d’âge
Population
Nombre de cas
Taux d’atteinte
(années)
(pour 1000)
A
50 000
50
1,0
<1
11 141
181
16,2
1–4
44 521
299
6,7
5–9
55 462
121
2,2
10–14
55 328
99
1,8
15–19
55 256
30
0,5
20–24
61 512
4
0,1
25+
310 652
4
0,0
Total
593 872
738
1,2
NB : Si possible dans le contexte de la surveillance intégrée, il est suggéré
d’utiliser les tranches d’âge ci-après pour les moins de 5 ans : 0–5 mois, 6–11 mois,
12–23 mois, 2–4 ans, ce qui donnera des renseignements plus spécifiques sur la façon
d’adapter les programmes.
On peut affiner encore le dénominateur en n’incluant que la population à risque
(c’est-à-dire en excluant les sujets déjà vaccinés ou ceux qui ont déjà eu la rougeole),
ce qui donnera un taux d’atteinte plus précis dans la population sensible. Il faut
toujours préciser exactement quelle est la population incluse dans le dénominateur.
WHO/V&B/01.43
49

Annexe 7 :
Formulaire de notification « zéro cas »
hebdomadaire pour les pays qui visent
l’élimination de la rougeole
Désignation du site de notification : ____________________________________________________________________
Nom du district, etc. : ______________________________________________________________________________
Date : ______________________ Origine : ____________________ Destinataire: _____________________________
Désignation du site de notification : ____________________________________________________________________
Nombre de cas suspects de rougeole: _______________________________________________________________
(Joindre les formulaires pour chaque cas ; s’il n’y a pas de cas à signaler, indiquer 0)
Nombre de cas de paralysie flasque aiguë : __________________________________________________________
(Joindre les formulaires pour chaque cas ; s’il n’y a pas de cas à signaler, indiquer 0)
Autre : _________________________________________________________________________________________
(Autres maladies ou facteurs particuliers)
50
Module sur les meilleures pratiques en matière de surveillance de la rougeole

Annexe 8 :
Formulaire d’investigation de cas pour les pays
qui visent l’élimination de la rougeole
Remplir ce formulaire pour tous les sujets chez lesquels un prestataire de soins
soupçonne la rougeole
Classification initiale : rougeole
A. Identification
Numéro de référence du cas __________________
Nom : __________________________________________________________________________________________
Sexe : Masculin
Féminin
Age :
Date de naissance :_____/_____/_____
Année Mois
Département de santé : __________________________
District : _________________________________________
Adresse : _________________________________________________ Nom de la mère : _______________________
Date de la notification : _____/_____/_____
Date de l’investigation _____/_____/_____
Origine de la notification :
Public
Privé
Laboratoire
Communauté
Recherche
Contact avec un cas
Autre
active
présumé
Vaccination: Nombre de doses
Date de la dernière vaccination :
Rougeole
_____/_____/_____
Consigné par écrit Oui
Non
Inconnu
Rubéole
_____/_____/_____
Consigné par écrit Oui
Non
Inconnu
B. Renseignements cliniques
Eruption : Date d’apparition :_____/_____/_____
Durée (jours) : ______________________
Localisation de l’éruption initiale : derrière l’oreille
visage
nuque
thorax
autre
Préciser ______
Type : maculopapuleux
vésiculaire
autre
Préciser : _______________________________________
Fièvre :
Oui
Non
Inconnu
Date d’apparition : _____/_____/_____
Toux :
Oui
Non
Inconnu
Rhinite :
Oui
Non
Inconnu
Conjonctivite :
Oui
Non
Inconnu
Hospitalisation :
Oui
Non
Nom de l’hôpital : ___________ Nature des complications : _____________
Décès :
Oui
Non
Date du décès : _____/_____/_____Cause du décès : ___________________
WHO/V&B/01.43
51

C.Données de laboratoire
Faire un prélèvement de sang lors du premier contact avec le cas en vue d’une confirmation*
Faire un prélèvement adéquat d’urine ou un prélèvement nasopharyngé pour chaque flambée en vue d’isoler le virus.
Prélèvements Date de prélèvement*
Lab.
Arrivée au lab.
Résultat du test
Date du résultat
Sérum
____/____/____ ____________ ____/____/____ Pos.
Nég.
En attente.
____/____/____
Urine
____/____/____ ____________ ____/____/____ Pos.
Nég.
En attente.
____/____/____
Nasopharyngé ____/____/____ ____________ ____/____/____ Pos.
Nég.
En attente.
____/____/____
Code : Test. 1= IgM 2= isolement
D. Origine éventuelle de l’infection
Le patient a-t-il été en contact avec un autre cas
Oui
Non
Inconnu
Qui et quand ? ________________
suspect de rougeole entre le 7ème et le 23ème
jour avant le début de l’éruption?
Y a-t-il eu un cas suspect de rougeole dans la
Oui
Non
Inconnu
région avant celui-ci ?
Le patient s’est-il déplacé entre le 7ème et le
Oui
Non
Inconnu
Où ? ________________________
23ème jour avant le début de l’éruption ?
Le patient travaille-t-il dans le tourisme
Oui
Non
Inconnu
ou dans un secteur qui voit passer de nombreux
touristes/individus de différents pays ?
Ce cas est-il relié épidémiologiquement à un
Oui
Non
Inconnu
Qui et où ? ___________________
cas importé ?
E. Classification finale
Rougeole
Rubéole
Dengue
Réaction vaccinale
Autre
Préciser _______________ Inconnu
Confirmé par :
Laboratoire
Lien épidémiologique
Diagnostic clinique
Imported: Oui
Non
Inconnu
origine: _________________ Date de la classification finale : ___/___/___
Responsable de l’investigation :
Nom: ____________________________________________ Fonction: ____________________________________
Signature: _________________________________________ Date de l’investigation : _____/_____/_____
Observations: ____________________________________________________________________________________
52
Module sur les meilleures pratiques en matière de surveillance de la rougeole

Annexe 9 :
Formulaire d’investigation des cas suspects de
rougeole dans les ménages ou sur
les lieux de travail
[Durant l’investigation, il faudra en plus de ce formulaire le rapport
d’investigation du cas initial
Il est d’autre part utile de prévoir des fiches récapitulatives donnant notamment
des renseignements sur le nombre total de ménages/de lieux de travail vus ainsi
que le nombre total de personnes et de cas suspects]
Date de l’investigation : ______________________________________________________________________________
Nom du responsable de l’investigation : _________________________________________________________________
Domicile ou établissement visé par l’investigation : _________________________________________________________
District ou quartier : _________________________________________________________________________________
WHO/V&B/01.43
53

le eu des
le
si

e
t
le

autres
dans a-t-il avec
avant
p
atient

ou
étrangers 7ème
l’éruption ?
des
observations : Le
l’adresse
l
e jour de

a)
contacts
d
iffère

visiteurs entre
Noter
Autres
travaille-t-il tourisme des
18ème début b) elle
d
e

dans
lieux
colonne
Date(s)
des
l’investigation
décrits la précédente
s’est
jour
patient
début

moment
le
l
e

le
4ème
l’apparition symptômes
l’éruption
le
(période
Lieux
contagieuse)
rendu
de
entre de des et suivant
nnes qui y viennent au moins chaque semaine).
ger également le patient qui est à l’origine de
d
e

e 7ème et le 18ème jour avant le début de l’éruption et/
dans
lieux
colonne
soupçonnés
Date(s)
des
l’investigation
décrits la précédente
sont
(et

le le
le de
pu
rendu
et jour
a
patient
il infecté)
rougeole
Lieux
le entre 7ème
avant début

de
s’est
18ème
l’éruption
être
cas
de
d
es

fois
Si
(positif/ négatif)
» dans cette colonne.
Résultat laboratoire une disponible
naso-
inconnu
Modèle de formulaire
recueilli (sérum ;
aucun)
Prélèvement
urine, pharyngé,
du de
Date début l’éruption
de
Cas rougeole suspects (Oui/Non)

de de anti-
de
de
date
dernière dose*

Nombre total doses vaccin rougeoleux et l’adminis- tration la

Sexe (M/F)
Age
M=mois
(A=années ;
Nom
Il faut voir tous les habitants usuels ou tous les visiteurs au domicile ou sur le lieu de travail (y compris toutes les perso
Le carnet de vaccination est nécessaire. S’il n’est pas disponible, inscrire «
*
**
Il faut interroger toutes les personnes qui vivent (ou travaillent) à cet endroit ainsi que celles qui s’y sont rendues entre l
ou entre l’apparition des premiers symptômes respiratoires et le quatrième jour suivant le début de l’éruption. Il faut interro
l’investigation.
54
Module sur les meilleures pratiques en matière de surveillance de la rougeole

Document Outline